Le jeu

Elle aimait jouer. Tant, qu’elle ne voulait pas voir la fin de la partie arriver. Elle tentait de faire durer le plaisir. Toujours plus. L’idéal étant que le jeu ne finisse jamais, qu’il s’éternise en une longue suite de rebondissements, ponctuée de drames, de gain de terrain, de déception, de rage de vaincre et d’indifférence sournoise. Son jeu préféré incluait les parties multi-joueurs : jalousie, haine, entraide, rivalités ou solidarités, tant de possibles, tant d’interactions variées, dans le but de faire perdre l’unique ennemi commun : l’ennui. Un combat de tous les jours. Le jeu est associé à l’enfance, à la puérilité. Celui-ci l’amena à agir de façon bête, incongrue, voire absurde. A souffrir et faire souffrir, simplement pour que la partie continue. Une idée fixe. Toujours s’amuser, ne jamais lâcher. Sinon, le rêve remplaçait alors le jeu, la plongeant dans une léthargie douce et violente à la fois, depuis laquelle elle devait lutter de toutes ses faibles forces d’enfant pour pouvoir en sortir. Jeu enfantin, mais cruel. Quand on est petit, on joue au poker avec du faux argent. Elle jouait avec de vraies personnes.

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Une réflexion sur “Le jeu

  1. Mais QUI joue? Si – et seulement si – cette question devient également un jeu, alors le ce dernier est absolu. Pensée proprement abyssale pour celui qui s’y engouffre… Mais ce n’est pas (encore?) mon cas.

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